Alors que la saison commence peu à peu pour certain d’entre nous, je n’ai pour ma part pas cessé de pêcher cette hiver. Je continue à penser que notre passion s’exerce pendant les douzes mois de l’année. Être persévérant et motivé sont les seuls petits plus en saison froide.

*** Là où il y a de l’eau, il y a de l’espoir, le clavier ne rapporte rien.***

Mars n’est pas un mois facile, le printemps arrive tout doucement et les conditions climatiques se renvoient la balle entre pluie et grand soleil. Pour cette raison, j’aime me surpasser en m’infligeant de petits défis.

J’ai quelques jours devant moi, direction le bord de l’eau pour 48h

Depuis un peu plus de quinze jours, je prépare minutieusement ma session, certes plutôt courte mais je déteste oublier des affaires ou les préparer à la dernière minute. Veille de partir, tout est paré et LET’S GO… !

Je parts sur un plan d’eau de 7ha à 2 heures de mon domicile, où j’ai réservé depuis quelques temps, du fait que nos belles rivières du centre de la France ne sont pas assez calmes pour espérer faire un début d’amorçage propre et précis.

« Départ imminent »

Mardi matin, en pleine forme après quelques cafés, je mets les dernières provisions dans le fourgon et me voilà parti en terre inconnue. Les 2 heures de route se font rapidement, ma motivation bat son plein, j’ai hâte…

Arrivée sur le plan d’eau, WAHOUU !!! Sauvage… Impeccable, je ne suis pas trop dépaysé de ce que je côtoie d’habitude.

Je perds une quinzaine de minutes à regarder le site, peut-être quelques fouilles ou sauts pour bien commencer mais en vain.

« Déploiement »

Le montage du biwy et du matériel se fait vite, tout était prêt à l’avance pour un gain de temps. J’ai choisi pour cette pêche, un poste en queue d’étang puisque je suis un accro des bordures. C’est un peu à double tranchant parce que les résultats de ce genre de poste dépendent souvent des conditions météo.

***Bon ou mauvais vent, trop ou pas assez de soleil etc….***

L’avantage des bordures, c’est que l’on peut souvent en faire le tour, et là ça tombe bien, je peux rejoindre la digue pour aller sonder. Un substrat vaseux avec une digue qui descend à 45 degrés dont la partie qui s’immerge est constituée de gros pavés. De quoi abriter bons nombres de repas pour les carpes. Je mettrai donc 2 cannes en bordures à différentes distances, la 3éme pêchera en pleine eau.

« A l’abordage !! »

Le bateau amorceur exceptionnellement autorisé en raison de test entre pêcheurs, m’enlèvera un poids cher à mes yeux, LA PRÉCISION. Je ne recherche pas de distance record avec le bateau sinon j’aurai choisi le poste d’en face.

Mes trois cannes étant prêtes à aborder leur spot respectif, je dépose deux cannes en bateau chacune avec du chènevis, du maïs doux et dix bouillettes. La troisième pêchera avec seulement un stick de chènevis, eschée d’une pop’up.

« Attente »

Après quelques heures de pêche, plusieurs remous en extrême bordure me sortent de ma petite sieste, pas de doute, ce sont des brochets en pleine fraie. Ils en attaquent même les quelques crapauds qui se prélassent au soleil.

« Attaquer par un brochet celui-là n’aura pas survécus, avec de nombreuses plaies de dents acérées »

Il y a maintenant plus de 7 heures que mes appâts sont en action et je n’ai pas eu le moindre BIP. Tout est parfaitement posé, je laisse pêcher la nuit, un bon appât est fait pour durer.

« La nuit tombe, la nature s’endort doucement, un instant de paix et de liberté, avec pour seul souci la mélodie électronique, et l’inévitable lorsque les détecteurs restent muets : LA REFLEXION ! »

Une fois le repas chaud terminé, je rejoins mon bedchair puis une heure plus tard, alors que je ne dors toujours pas, un petit bruit étrange m’interpelle du côté de mes waders. Je sors le bout de mon nez et la frontale dehors et ça pique !!! Un hérisson !! Il déguste quelques restes d’appâts, l’animal ne bougeant pas, je lui laisse cinq bouillettes à quelques centimètres du museaux et retourne me coucher en regardant le « piquant » ce régaler, puis je parti dans mon sommeil.

Une nuit très reposante puisque rien ne m’aura réveillé. Au matin, je décide de changer l’emplacement de mes cannes et de pousser l’une d’elle un peu plus haut sur la bordure où quelques sauts de carpe ont attirés mon attention au petit matin. De plus, je pense que mon maïs doux s’est gorgé de l’odeur de vase, du coup les carpes passent à côté. L’attraction n’est plus , reste plus que la couleur.

***Nouvelle disposition***

**Astuce**

Pour décupler l’attractivité de mon appât sur cette canne, j’ai choisi un stick mix et 10 bouillettes, le tout boosté dans un liquide épais, puis recouvert de mix sec, laissez sécher 30 minutes et renouveler l’opération comme bon vous sembles, moi je le fais 2 fois. J’obtiens un stick et des bouillettes recouvert d’une couche d’attractant épais et lentement soluble une fois dans l’eau.

C’est REDOUTABLE!!!

J’ai lancé une canne en bordure entre la vase et l’enrochement de la digue, en espérant piéger un poisson en quête de nourriture. Chose pas simple, quand on sait que le propriétaire ramasse chaque jour des poignées de larves de diptères, autant vous dire que les poissons se gavent facilement, sans oublier les écrevisses et autres planctons…

« La persévérance paye »

La matinée passe vite, le soleil fait du bien au moral, tout est calme et je décide de manger un bout. Midi passé, je me régale quand enfin un bip survient sur ma canne placée à 120m entre vase et cailloux. Je regarde avec concentration et adrénaline mon scion, puis deuxième bip, troisième BIP BIPPP BIPPPPPP….. !!!

CONTACT, OUTCHH…. Cette fois c’est piqué ! C’est en se déplacement très lentement que le poisson revient vers moi, je connais ça, je stresse presque de décrocher ma seule touche depuis près de 24 heures de pêche mais il n’y a pas de raison, la mécanique du montage est rodée.

Après une dizaine de minutes d’un combat lent et lourd, le poisson n’est plus cas quelques mètres de moi. Je saute dans mes waders et rentre dans l’eau épuisette dans une main, canne dans l’autre. Premier aperçu du poisson, une miroir, je lève la canne, guette la tension pour éviter la décroche et de l’abîmer, CA Y EST… Elle est dans le filet, WONDERFUL TIME!!!

A première vue, je pense à une bonne quinzaine de kilo, mais lorsque je monte le filet jusqu’au tapis, il n’en est rien, il y a là au moins 19-20kg, c’est certain. Quel merveilleux moment, cela faisait un certain temps que je n’avais plus touché un gros poisson. Chaque poissons comptent quel que soit leurs poids mais dire que les big fish ne nous intéressent pas, serait un mensonge.

Je saisis mon Reuben Heaton, tare mon sac de pesée puis remets la jolie dame dans celui-ci. Verdict 21,200KG. Génial !!! Je mets la belle en sac flottant, avec l’autorisation du propriétaire, pour de beaux souvenirs.

C’est 45 minutes plus tard, que Mr Rousselet arrivera sur le site, pour shooter la récompense.

Suite aux photos, remise à l’eau de ce fabuleux poisson à la robe qui laisse rêveur. La dame rejoindra son habitat en douceur. Et moi, je suis heureux, la persévérance paye. En voulant absolument un poisson, j’ai cherché, je me suis creusé la tête, la pêche n’est pas une science exacte mais être logique et cohérent est un atout.

« Finish »

Le reste de l’après-midi ne donnera rien, tout comme la seconde nuit, une petite pluie à refroidie l’eau et le vent est plus fort, cela est mauvais pour un poste comme le mien. De plus, la barre du thermomètre est passée sous les 0°C cette nuit, laissant place à un petit givre glacial. Les carpes n’aiment pas ça.

C’est ainsi que se termine ce 48 heures pour moi, avec de beaux souvenirs et une pêche difficile, l’hiver est encore là mais le principal est fait, se faire plaisir au bord de l’eau, contempler ce que la nature à de plus beau à nous offrir et se ressourcer.

A BIENTOT

Texte et photos: Julien CHAUFOURNIER

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