A l’heure où bon nombre d’entre nous hivernent leur matériel, nous avons décidé de vous faire part d’une stratégie qui nous a permis d’enregistrer quelques poissons supplémentaires pour clôturer cette saison. Je dois vous avouer qu’en temps normal, nous stoppons d’exploiter la rivière en fin de saison car cette dernière devient impêchable sur les secteurs que nous pratiquons. Mais vous allez voir par la suite, qu’un certain nombre de facteurs ont fait que nous avons eu raison d’insister aussi tardivement dans la saison.

Un contexte surprenant

Nous sommes en Décembre et, comme au niveau national, nous nous étonnons de la douceur des températures. Depuis Septembre/Octobre, les températures restent étonnamment stables et élevées par rapport aux normales de saison. Le niveau des cours d’eau est, quand à lui, exceptionnellement bas pour la saison, rien de bien surprenant si on regarde la courbe des précipitations des trois derniers mois. Ce niveau d’eau associé à une baisse de la température à pour conséquence une eau exceptionnellement claire. Ce qui présente un intérêt non négligeable pour le repérage des spots mais qui à l’inconvénient de faire ressortir toutes les négligences de discrétion de la ligne. C’est dans ces conditions plus que spéciales, pour la période, que nous avons décidé de tenter notre chance sur une approche différente de l’accoutumée.

Le choix du poste

Le spot retenu n’est autre que celui que nous avons exploité pendant la quasi-totalité de la saison et ceci pour plusieurs raisons. Premièrement, en hiver il est préférable de pêcher une zone connue où les habitudes alimentaires des poissons vous sont familières. Deuxièmement, par soucis pratique, à cette saison il n’est pas rare que les conditions météo soient défavorables voir très défavorables. Pouvoir tout plier et aller se mettre au chaud rapidement est un gage de confort non négligeable. Finalement, la proximité immédiate de ce poste nous permet de l’amorcer quotidiennement avec des quantités évolutives selon la saison.

La mise en place de la stratégie

L’amorçage, on le sait tous, est un facteur déterminant dans la réussite ou l’échec d’une session. C’est un point à ne négliger sous aucuns prétextes, d’autant plus quand il s’agit d’aborder une eau courante. Les poissons, ayant une alimentation naturelle, doivent être un minimum conditionnés afin de se détourner de cette dernière au profit de nos esches. Le temps joue en votre faveur, plus vos amorçages seront réguliers au cours de l’année et plus les poissons naviguant sur ce secteur seront réceptifs à vos esches. Ceci, à conditions que les appâts et la quantité employés soient adaptés à chaque moment de la saison. Je ne rentrerais pas dans le détail sur point, la science des appâts et la quantité à employer est un sujet vaste qui, à notre simple niveau reste quelque peu empirique.
Dans le cas présent, nous avons utilisé l’une de nos trois bouillettes perso. Une recette simple, mais une recette qui a fait ses preuves tout au long des saisons précédentes sur plusieurs types d’eau.
Nous essayons d’effectuer 2 à 3 amorçages préalables avant de pêcher, avec des quantités variables en fonction des conditions. Nous avons privilégié la fréquence à la quantité en disposant 2-3 kilos d’appâts par amorçages. Ainsi, nous étions quasi certains que la totalité des appâts étaient consommés avant d’en rajouter.

Premier acte

Nous sommes la semaine précédent Noël, la stratégie d’amorçage est en place et il est maintenant temps de la mettre à l’épreuve. C’est Fab qui s’y collera en premier, n’étant pas disponible pour l’accompagner ce jour là. C’est donc à lui que je laisse la parole.
J’arrive sur le spot juste après manger, pas de temps à perdre, chaque minute compte s’il on veut profiter des quelques heures de luminosité. A 13h les deux cannes sont tendues à leurs emplacements respectifs. Malgré deux amorçages les jours passés l’activité se laisse désirer, le temps est gris mais les températures clémentes. Après trois quarts d’heure de pêche le soleil pointe le bout de son nez et c’est à ce même moment que ma canne de droite s’emballe. Le combat se passe tout en force, je suis obligé de brider fortement pour ne pas laisser l’opportunité à la sauvageonne de regagner les obstacles. Après quelques minutes de lutte acharnée, je fini quand même par avoir le dernier mot en glissant cette jolie miroir dans le filet. Pensant que Quentin pourrait se libérer avant la nuit je la mets en sac pour faciliter la séance photo. Je le préviens par message et il m’informe qu’il ne pourra pas venir, qu’importe je me débrouillerai en solo. Je replace ma canne à l’identique mais le temps se couvre à nouveau, en moi je me dis « j’attends une éclaircie et je fais les photos ».

Les minutes et les heures passent et toujours pas la moindre lumière correcte quand vers 16h, la lumière refait surface. Je m’empresse de préparer au mieux mon matos photo, sort le poisson de l’eau et commence à prendre une série de clichés. En plein shoot ma canne de droite produit à nouveau un départ, PANIQUE !!! Je fais de mon mieux pour sécuriser mon premier poisson sur le tapis avant d’aller ferrer le second. Au contact je sens de suite que c’est lourd, les minutes s’égrainent et je ne suis toujours pas en mesure d’épuiser le poisson. La première commence à s’impatienter dans le tapis et je cherche à abréger au plus vite le combat. Après des minutes qui m’ont parût interminables je fini par épuiser une miroir aux proportions très généreuses. Afin de facilité les choses, je place cette dernière en sac afin de reprendre ma séance avec sa petite sœur.

Quelques photos et la belle retrouva son milieu naturel, au tour de sa grande sœur. En la posant sur le tapis je me rends mieux compte de la masse du poisson et c’est lourd !!! A l’ouverture du sac la seconde bonne surprise, c’est la robe, MAGNIFIQUE !!! Après quelques photos je fini par rendre sa liberté à ce poisson qui est l’un des plus beaux de notre saison. Je raconte mes péripéties à Quentin, qui est fou ne n’avoir pu se joindre à moi mais il est aux anges, tout comme moi. Trois heures de pêche, 2 poissons, le job est fait mais je suis gourmand, j’en veux encore. Les cannes pêcheront encore une heure mais sans succès.

Deuxième acte

Forts du résultat, très encourageant, de Fab la semaine précédente, nous décidons de nous planifier un speed en binôme deux jours avant Noël. Les conditions sont similaires et la stratégie reste inchangée. Deux amorçages entre le Vendredi et le Mercredi, jour de pêche, et nous revoilà au bord du spot, prêts à en découdre avec nos belles sauvageonnes. Nous avons à nouveau l’après midi pour tenter de poser du mucus sur le tapis. Les cannes sont vite placées, chacune accompagnée de croquettes célèbres sur un soluble. La réputation de ces fameuses croquettes pour chien n’est plus à faire et nous les utilisons à longueur d’année. Tant par leur pouvoir attractif que pour leur faculté à se dissoudre rapidement.

L’activité est faible mais elle a le mérite de nous indiquer que du poisson est actif sur les spots. C’est vers 15h30 que ma canne de droite produit un départ, peu intense mais suffisamment pour laisser penser à une carpe. A la prise de contact il n’y a plus de doute c’est bien une carpe. Malgré la température de l’eau, il me faut brider assez fort pour ne pas que la belle aille se tanker dans l’amas de branches en aval. Une fois sécurisée, je relâche la pression car nous pêchons en nylon par soucis de discrétion. Le reste du combat se passe en pleine eau, et grâce à la transparence de cette dernière nous pouvons discerner une commune aux proportions plutôt généreuses. Dans un ultime coup de tête la belle fini par rendre les armes et se laisse emmailloter dans le filet et là SURPRISE !!! Il s’agit d’un poisson que nous avons eu l’occasion de photographier, en aval, alors que cette dernière s’abritait de la canicule à l’ombre des arbres. En Juillet-Aout nous avions croisé son chemin plusieurs fois et l’avions surnommé « SHARKY » à cause d’une particularité de sa morphologie. C’est un sentiment spécial que de voir sur le tapis un poisson que l’on a pu voir nager auparavant, une sorte de satisfaction personnelle concrétisant une traque.

 

Le temps de prendre quelques clichés et la belle retrouva son milieu naturel dans l’espoir de la recroiser à nouveau sous ses branches à la période estivale. Les cannes retendues restèrent muettes le reste de l’après midi, mais qu’importe le job était fait.

Photo7

Bilan

Les éléments ont donnés raison à notre audace, en effet, sur ce bief la majorité des poissons se fait à la tombé du jour ou en pleine nuit. Compte tenu des conditions, nous avons fait le pari d’aborder d’une manière différente notre spot et nous avons été récompensés par ces 3 sauvageonnes. Plusieurs leçons sont à tirer de ces deux speeds, premièrement, le spot peut être productif en pleine journée sous certaines conditions. Deuxièmement, certains poissons sont sédentaires de cette zone alors que nous la pensions exclusivement de tenu pour la fraye.

Voilà qui clôtura notre saison 2015 riche en enseignements et en partage. Nous espérons que ces quelques lignes seront vous motiver à exploiter une période qui décourage bon nombre d’entre nous.

Bonne lecture Fabien DESOUCHES et Quentin AUBUGEAU

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