En été j’aime profiter de ma passion avec ma famille c’est pourquoi j’organise chaque année et ce depuis la naissance de mon fils une petite session estivale. De plus cette fois-ci on a une revanche à prendre car l’année passée on a dû écourter la session suite à une déchirure importante du bateau pneumatique. Mais ce coup-ci tout est prêt même un bateau de secours plié dans le camion…

Juillet 2016 après une dernière semaine de travail, je réussis enfin à charger le camion juste la veille du départ. Le jour J, le réveil sonne à 5h30 « un peu dur pour le fiston! » mais il faut être sur place avant que la horde de touristes ne débarque pour la journée, 6h30 on part enfin en direction d’un grand lac que j’affectionne tout particulièrement. Le trajet se passe bien, surtout pour ma femme et mon fils qui termine leur nuit tranquillement pendant que j’avale les kilomètres. Arrivées sur place tout se passe comme prévu, les berges sont encore désertes hors mi quelques joggeurs matinaux. Je me dépêche de sortir le bateau, je le gonfle rapidement et entame les allées retour pour apporter tous le matériel au campement. La pêche en famille c’est bien mais je vous laisse imaginer le matériel qui faut pour passer 5 jours au bord de l’eau sur un grand lac en autonomie complète accompagné de sa femme et de son petit garçon de trois ans et demi… Après quelques allés retour sa y est tout est transporté et le montage du camp peut commencer. La première journée passe vite et avec une chaleur écrasante les touristes sont venue en masse pour pratiquer de nombreuses activités nautiques. Celle-ci est tellement soutenue que je décide de ne poser les cannes que le soir venu quand le lac a de nouveau retrouvé son calme.

Ne pas oublier de couler les lignes...

Ne pas oublier de couler les lignes…

Il est 21h quand le sondage du poste commence, la pêche va s’effectuer à une distance comprise entre 220 et 290 m. Un herbier est localisé grâce à l’échosondeur et les points clés enregistrés sur le Gps pour pouvoir reposer plus précisément sur les mêmes spots s’ils s’avèrent productifs. En matière d’amorçage j’aurais pour l’occasion confectionné des bouillettes maison composé d’ingrédient de la gamme CC Moore tel que l’excellent Feedstim XP, le Roasted nut extract ou encore l’arôme Geoff Kemp’s Evaporate Milk ce qui nous donne un appât crémeux à l’odeur subtile de cacahuète. Une combinaison que j’affectionne pour des pêches estivales. La première nuit fut plutôt calme hormis la capture de deux brèmes.

La journée qui suit sera plus consacrée à la baignade et au bronzage vu les températures caniculaires que l’on subit. Puis il arrive le moment de la journée que je préfère quand on aperçoit les dernières planche à voile ou autres padle rejoindre tranquillement la berge, c’est le signal pour moi de monter dans l’annexe et de déposer les différents montages, le tout face à un coucher de soleil extraordinaire.

Des couchés de soleil à tomber

Des couchés de soleil à tomber

Une heure plus tard tout est en place et il nous reste plus qu’à patienter. La nuit fut plutôt calme quant à 5h du matin un bip me fais sortir de mon bedchair, le temps de rejoindre la canne qu’une autre série de bips me confirme bien qu’un poisson est au bout de la ligne. Je grimpe dans l’annexe, démarre le thermique et parcoure les 290m qui nous séparent. Une fois à l’aplomb un joli combat s’engage et une belle miroir de 17 Kg rentrera dans l’épuisette. À 8h à peine le temps de finir mon café qu’une autre canne démarre, le poisson se bloquera dans l’herbier qui se situe à coté du spot choisi, mais avec une bonne pression exercée à la verticale il viendra quand même se faire prendre en photo pour le plus grand plaisir de mon fils. Le reste de la matinée sera calme et on pourra à nouveau profiter du soleil et de la baignade.

Une belle petite miroir

Une belle petite miroir

Après un traditionnel repas et surtout une traditionnelle bière qui accompagne bien souvent mes sessions estivales il est 14h quand un son me rappel que je ne suis pas venue uniquement pour prendre le soleil. Ma canne de droite qui m’a déjà offert une touche en tout début de matinée repart de plus belle, le rituel est rodé, « je saute dans l’annexe et démarre le thermique… » sauf que là pour augmenter un petit peu la difficulté je dois slalomer entre les pédalos et les planches à voile, de quoi se faire une bonne dose d’adrénaline. Une fois au-dessus du poisson je peux enfin reprendre mon souffle, on va dire que le plus dur est passé et l’angoisse de se faire couper la ligne par un dériveur n’est plus qu’un mauvais souvenir. Le combat tout à la verticale peut enfin commencer, et quel combat en voyant la courbure que prend ma 10 pieds à chaque fois que je veux contrer les rushs surpuissants du poisson, je me dis que j’ai peut-être à faire à un gabarit plus conséquent que celle attrapé jusqu’à maintenant.

Au bout de quelques minutes j’aperçois enfin mon adversaire percer la surface du géant et il est effectivement de taille je tiens enfin mon premier vrai gros poisson du lac, une magnifique miroir de 25+ qui me comblera de bonheur. Après une séance photo habituelle la belle rejoindra son élément et moi je passerais le reste de l’après-midi à jouer avec mon fils et prendre du bon temps tous en me remémorant cette magnifique capture.

Un vrai gros poisson de grand lac

Un vrai gros poisson de grand lac

Allier pêche et baignade, le pied

Allier pêche et baignade, le pied

Le soir venu je remets en place toutes mes lignes et tout pêche pour la tombée de la nuit. Après une journée bien remplie je tomberais rapidement dans les bras de Morphée, mais vers minuit une voix me réveille, j’ai l’impression qu’elle vient du lac…bizarre je décide de sortir du biwi et j’aperçois alors un bateau sortir du port avec un joli gyrophare bleu qui vient droit sur notre campement. Pêchant hors secteur je me dis que cette fois-ci j’y ai droit, je réveille doucement ma femme pour qu’elle ne soit pas surprise à la vue des gendarmes et me prépare à faire accoster leur grosse embarcation qu’ils prennent bien soin de faire passer juste à coté de mes cannes. L’angoisse peut se lire sur mon visage, bien que je me sois préparé à une telle situation vue l’endroit que je pêche et en quelle période de l’année, mais au moment de retenir leur bateau il va se passer un scénario digne d’un film hollywoodien en un rien de temps un hélicoptère est en stationnaire juste au-dessus de nous (non je ne rêve pas et je n’ai rien fumé avant d’aller me coucher…), il éclaire le campement comme en plein jour.

Un des gendarmes me dit : « bonjours vous n’avez pas aperçu un bateau pneumatique par hasard, quelqu’un a disparu sur le lac » je lui réponds non et lui dit que je n’avais vu personne. Il me souhaita donc une bonne pêche et me dit d’appeler le 17 si je voyais quelque chose. Je ne suis pas de nature inquiet ou froussard mais là ils ont réussi à me faire une belle frayeur. Je repars me coucher avec une sensation étrange, je suis à la fois rassuré qu’ils se soient pas déplacés pour moi et à la fois inquiet pour la personne qu’ils recherchent. Mais le remue ménage s’arrêtera environ une heure plus tard donc je me dis qu’ils ont fini par retrouver ce fameux pneumatique. Je décide tout de même de laisser les cannes pêcher le restant de la nuit en me disant que finalement ils avaient bien mieux à faire que venir verbaliser un pauvre petit carpiste. Bien m’en a pris puisque au petit matin je pourrais prendre en photo un joli doublé de miroir à 18+, dont une ramené par ma femme pendant que moi je combattais la mienne en bateau. Elle s’est payé le luxe de ramener sa première carpe en très grand lac du bord sur une canne posé a plus de 200m à proximité d’herbier…un gros souvenir pour elle.

18+ en grand lac

18+ en grand lac

Le résultat d'une nuit chargé en émotion

Le résultat d’une nuit chargé en émotion

Pour la dernière nuit je n’ai pas réussi à négocier avec ma femme de laisser les cannes pêcher, donc à l’heure légale je remonterais toutes mes lignes (difficilement quand même), mais j’avais une petite idée derrière la tête.  À trois heures du mat le réveil sonne. Pourquoi trois heures me direz-vous, ça fait deux nuits de suite que je touche du poisson à partir de 5h du matin. Donc je me dis jamais deux sans trois et je profite donc du sommeil de plomb de ma femme pour faire mes trois petits aller-retour discrètement… Bien m’en a pris car comme j’avais prévu un départ aura bien lieu à 5h30 pour me récompenser de mes efforts une jolie miroir dans la douzaine posera devant l’objectif pour clôturer cette belle session estivale.

Une petite dernière

Une petite dernière

Une session qui restera gravée dans nos mémoires aussi bien pour la montée d’adrénaline vécue l’avant-dernière nuit que par le résultat de la pêche qui fut excellent pour ce lieu qui en temps normal peut se montrer si capricieux. Et ce n’est pas mon fils qui dira le contraire à la vue de ses yeux sur chaque poisson qu’il a eu l’occasion de contempler. Une chose est sur je ne suis pas près d’arrêter mes sessions estivales en famille, donc vivement l’été prochain…

De bon moment de complicité

De bon moment de complicité

Un regard qui me rend vraiment heureux

Un regard qui me rend vraiment heureux

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